La sublime Emiko n’est pas humaine. C’est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto. Être sans âme pour certains, démons pour d’autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIème siècle, d’après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dirigent le monde. Qu’arrive -t- il quand l’énergie devient monnaie ? Quand le bioterrorisme est outil de profit ? Et que les dérives génétiques font basculer le monde dans l’évolution posthumaine ?
Prix Locus du premier roman en 2010.
Mon avis : Quel plaisir de plonger dans ce livre de Science Fiction dense, sombre et troublant. Un pur bonheur. Contrairement à ce que le résumé nous laisserait penser, nous ne suivons pas qu’Emiko. Nous suivons plusieurs personnages, de multiples visions de penser et de voir le monde.
Tout d’abord Emiko, l’automate, coincée entre son besoin d’obéir et ses sentiments. Elle est un secret, une représentante de ce que le ministère de l’environnement et ses chemises blanches veulent absolument détruire et garder loin derrière la frontière.
Il y a Anderson Lake, qui commence ce roman et nous donne son point de vue de scientifique employé par un producteur de calories. Les entreprises les plus puissantes, craintes et haïes du monde, celle qui ont la main sur la plupart de la planète.
Hock Seng, un vieil homme d’affaire seul survivant d’un massacre qui a eu lieu dans un pays voisin, lorsque les hommes qui travaillaient pour les puissants se sont révoltés.
Il y a également le plus connus et le plus admiré des chemises blanches qui sont responsables de la sécurité du pays et combattent les épidémies des maladies des aliments et contrôlent les importations.
Ces visions se croisent, s’affrontent, s’envient, se trahissent. Dans ce monde post apocalyptique, où l’énergie est un luxe, Paolo Bacigalupi nous fait partager sa vision du futur. Basée sur les travers et les richesses de l’humanité. Les Hommes sont capables de laisser ou même faire mourir de faim leurs semblables mais également de récréer des plantes disparues à partir de rien pour continuer à se nourrir. Ils inventent toujours de nouveau procédés, de nouvelles matières de produire et de vivre.
Un monde tranchant, à la vision acérée et juste qui nous transporte au cœur d’un monde en pleine évolution et nous fait suivre la fait suivre de l’intérieur. Je vous recommande magnifique ouvrage bien que sa taille puisse en décourager certains, près de 600 pages. Elles se tournent d’elles-mêmes.

