Dans les veines de Morgane Caussarieu

Pour un public avertis, selon l’éditeur. Je dirais … 18 ans pour ma part, mais je suis peut-être un peu dure.

La canicule enflamme les nuits bordelaises. Une bande de camés dévaste un supermarché. Et tandis que l’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leur dernier soupir sur le son du Bathory, nouveau repaire de la faune nocturne. Chargé d’enquêter sur ces événements, le lieutenant Baron suit la trace de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock’n’roll, bien décidés à saigner la cité girondine.

Vampires… Le mot, absurde, échauffe les esprits, sans que personne n ose encore le prononcer.
Et alors que l’investigation piétine, Lily, la propre fille de Baron, s’entiche de l’inquiétant Damian, pensant trouver dans cette passion toxique un remède à son mal-être.

Si Dans les veines ne s’interdit rien, c’est pour mieux revenir à l’essence première du vampire : un être amoral, violent, à l’érotisme déviant. Le récit emprunte au cinéma gore son esthétique de la démesure, et se nourrit de la culture underground.

Il redonne ainsi au mythe son sombre éclat et sa sulfureuse réputation, plus proche des univers de Poppy Z. Brite et d’Anne Rice que des romans de Stephenie Meyer…

Mon avis : Je suis tombée par hasard sur ce roman lors de l’une de mes virées à la Fnac. J’ai découvert la Fantasy Urbaine via les livres dis « Bit-lit ». J’ai donc rencontré jusqu’à maintenant des créatures à crocs, et notamment des vampires, plutôt « gentilles ». Comme indiqué sur la quatrième de couverture, Morgane Caussarieu revient aux bases des histoires de vampires. Des histoires plutôt d’horreur, mettant en scène des êtres violents et déviants. Je me suis donc dit que c’était le moment au jamais de revenir aux sources du genre, avec un auteur français en plus.

Morgane Caussarieu nous invite dans un récit écrit à la troisième personne. Son ton est assez inhabituel, cru. J’hésite à entre dire qu’il est écrit avec brio et tout simplement mal écrit. Mon temps de lecture n’est pas lié au niveau de ce roman mais à des éléments de la vie réelle. Le rythme est soutenu et donne envie d’en apprendre plus.

Les personnages sont cruellement et vulgairement réalistes. L’auteur nous livre des esprits terriblement humains, aussi pervers et déviants que cela est possible. La question est de savoir si les vampires sont des monstres ou des monstres humains transformés. Les scènes puissantes s’enchaînent et nous entraînent avec les personnages dans une aventure qui ne peut que mener en Enfer.

Je dois dire que je suis mitigée. J’ai apprécié l’univers proposé par Morgane Caussarieu, et je ne lui en veux même pas des cauchemars que ma lecture a entraînés. Elle va cependant un tout petit peu trop loin pour moi, par certains côtés. La déviance est, certes, avant tout humaine. Les monstres humains existent. Cependant retrouver la perversité dans TOUS les personnages me semblent un peu exagéré. L’inceste m’a semblé trop présent. Mon âme fleur bleue aurait aimé une fin un peu différente. Pas forcément « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » mais je ne sais pas …

Attention spoilers sur la fin : (Surlignez pour lire) Bien que je sache que cela n’irait pas dans la relation Gabriel/ Damian, j’aurais préféré que Lily ne soit pas tout de suite tuée. Que Gabriel et Damian s’affrontent verbalement, que Lily les rejoignent finalement. Voir sa descente en Enfer et sa prise de conscience de ce à quoi elle a renoncé pour une vie pleine de violence et de vide, un vide terrible et profond. Un vide impossible à combler malgré tout ce qu’elle pourrait faire en ce sens. Ou bien, garder la mort de Damian, et Lily se retrouve ‘coincée’ avec les autres, reprenant en partie la place de Damian dans leur groupe, jusqu’à les haïr, se Haïr elle-même et en vouloir à mort (sans mauvais jeu de mots) à Damian pour l’avoir transformée et laissée ensuite toute seule face au monstre qu’elle est devenue …

Malgré certains points qui m’ont parus too much, pourquoi ne pas revenir aux fondations du récit sur les vampires, loin des puissants, mais finalement pas si méchants représentants de cette espèce. Une pause bienvenue entre les romances paranormales et les récits de Fantasy Urbaine supposément violents, mais bien sages en comparaison. Je vous invite à découvrir ce livre, je tiens également à vous prévenir, aucune lumière ou presque ne brille au-dessus du Bordeaux dépeint ici.

Commander

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